_ Eli ? Dépêche-toi, on va être en retard ! me cria Leigh, ma mère, en bas de l'escalier.
_ Oui oui j'arrive deux minutes si te plait maman ! Lui répondis-je.
Je ne comprenais toujours pas pourquoi ma mère voulait à tout prix que j'apparaisse à cette fête, je n'avais pas le c½ur à m'amuser. En effet toutes mes amies arriveraient accompagnés et moi, la petite Elisée bien gentille serait toute seule comme d'habitude. C'était surement car c'était le fils des Retaviers, Bastien qui organisait qu'elle voulait que je me « montre » comme on dit. Bastien Retaviers est le fils du Grand Charles Retaviers, qui n'est que le maire de notre petite ville mais il est tout de même important. Je descendis, après mettre battu avec mes cheveux mi-longs bruns aux reflets roux, obtenu à l'aide d'une coloration, et une robe de soirée noire, sous les yeux ébahis de mon frère et de ma mère.
_ Chéri ? Viens voir comme notre fille est charmante ! cria-t-elle à mon père tandis que mon frère me siffla et rajouta
_ Tu veux que je t'accompagne ? Car le Grand Karl ne sort qu'avec des jolies filles.
Je me mis à rougir et à rigoler, toute cette excitation pour un peu de maquillage et des cheveux bouclés. La réaction de mon petit frère cependant me toucha. Dix huit mois nous séparaient et nous étions toujours fourrées ensemble. Il était mon meilleur ami et moi sa meilleure amie, nous n'avions pas de secret l'un pour l'autre. Mais depuis son départ pour le pole espoir de rugby, on se voyait moins souvent, à cause de l'internat et de ces matchs et l'entendre dire cela me fit du bien. Je le regardai et il me décocha un clin d'½il. Rien n'avait changé et ça me fit plaisir. Mon père arriva à ma hauteur et me fit tourner sur moi-même.
_ Tu es resplendissante ! Sourit-il. Ma petite s½ur (Eh oui je suis l'ainée !) descendit les marches en trombe et énervée car on ne l'avait pas averti du vacarme qui se produisit dans la maison. Elle était la petite dernière, celle qui la ramène tout le temps et avec elle six années nous séparés. Mais je l'aimais tout de même. Je réussi à me faufiler jusqu'à la voiture et mon père m'y rejoins. Il m'amena à l'autre bout de la ville et me rappela les consignes de sortie.
_ Pas trop d'alcool, pas de drogues, tu appelle si problèmes il y a. énuméra-t-il. Puis il s'arrêta et reprit soudain
_ Je ne peux pas dire pas de garçon car tu es merveilleuse ce soir !
.Je le remerciai et l'embrassa et sortie de la voiture, on était arrivés.Mon père n'attendit pas devant la maison de Bastien. Une de ces grandes maisons des films américains. A l'entrée se tenait une file indienne, où une dizaine de personnes essayait de marchander avec le videur pour rentrer. En effet j'avais reçu une invitation pour rentrer à sa soirée, et j'avais cru qu'il essayait d'en mettre plein la vue ! J'eus envie de donner mon invitation à une autre adolescente mais je la présentai au videur, sous les regards abasourdis des autres personnes. Sur la porte y était inscrit « Bienvenue à toi, Veinard ».Il veut vraiment en mettre plein la vue pensai-je. J'entrai tout de même. La salle était totalement plongée dans le noir, seul les projecteurs de la scène éclairaient la salle. Un groupe était en train de jouer du rock acoustique. Dans mon champ de vison apparut Sophia au bras de Bastien, elle était mon amie depuis maintenant deux ans, on s'était retrouvée toutes les deux dans une seconde qui ne nous convenait pas, elle me sourit et cria
_J'ai bien cru que t'allais nous faire faux bond !
J'avais l'impression qu'elle hurlait et Bastien dû le voir car il ajouta
_Elle a un peu trop bu excuse la
Je lui souris et il enchaina
_Je vais te présenter mes meilleurs amis, comme Sophia m'a présenté les siennes, en m'adressant un clin d'½il.
Je le suivis, tout en essayant de distinguer les différentes personnes présentent ici. Nous arrivâmes devant un groupe de jeunes garçons, à peine plus âgés que moi. Je fis tout d'abord la bise à Fabien puis à Benjamin et enfin à Alexandre. A ce moment là, tout autour de moi s'arrêta, comme figé. Il était différent des autres. Je m'asseyais à ces cotés et ils entamèrent une discussion censé m'intégrer. Mais j'étais ailleurs, du moins juste à coté de moi, je le fixai Lui. Il n'avait rien dit, il se contentait de me fixer. Ses yeux restèrent longtemps plongeaient dans les miens, même dans le noir je m'aperçu que ces yeux étaient bleu, bleu gris. Ils étaient magnifiques. Voyant que je ne répondais pas à la question de Fabien, Alexandre repris la question sans lâcher mon regard. Je compris alors que tout le monde nous regardé et je détournais le regard, gênée.
_ Pardon ? Redemandai-je. Fabien éclata de rire
_ Rien de grave, Eli ! Je peux t'appeler Eli ? Demanda-t-il soudain soucieux.
_ Oh bien sur, Il n'y a aucun problème. Répondis-je gênée
La musique avait changé, c'était un slow. Bastien se leva et parla au micro
_ Bonsoir tout le monde, c'est le premier slow de la soirée. Il y a dans cette salle autant de garçons que de filles...Alors les garçons allé chercher votre cavalière. Personne ne doit être assis
Quel crâneur pensai-je. Puis le dernier morceau de sa phrase résonna dans ma tête « Personne ne doit être assis » cela insinué donc que JE devais danser avec un garçon qui allait me choisir !! Hors de question. J'allais encore danser avec un accro à l'ordinateur ou un truc du genre.
_ Eli ?demanda un ténor si doux et en même temps si imposant. Je me retournai et c'était lui...
_ Euh...Oui ? Bredouillai-je.
_ Veux-tu être ma cavalière ?
_ Moi ? Enfin moi Elisée ?
_ Si tu t'appelle toujours comme ça...Oui toi ! Ria-t-il
Il ne me laissa pas répondre et me prit la main. Elle était si douce. Alors que j'examinai cette main, aux ongles coupés net et la peau de velours, son autre main se plaça au bas de mes reins. Ce geste provoque chez moi, des frissons dans tout mon dos. Alors que sa première main rejoignait la seconde, mes mains, elles, se joignirent au dessus de sa nuque. C'est à ce moment là que je m'aperçue qu'il était assez de grands de taille et qu'il avait un visage si doux. Son visage n'était pas parfait mais je le trouvais merveilleusement craquant. Dans une position, comme pour laquelle nous avions opté, nous ne pouvions que nous regarder. Tout en continuant de me regarder, il fredonna le refrain, qui était en anglais et dont je ne compris pas la signification mais sa voix était tellement belle que je le laissai chanter sans l'interrompre.
“I'll put a spell on you, you'll fall a sleep and I'll put a spell on you. And when I wake you, I'll be the first thing you see, and you'll realise that you love me.”
La chanson se termina enfin et je détournai le regard et il prit mes mains dans les siennes.
_ On va s'aérer ? demanda-t-il d'un air anodin
_ Euh...bien sur oui. J'éclairais ma réponse par un sourire, qu'il me rendit et qui fut on ne peut plus charmant.
Alors que nous nous faufilions entre les diverses personnes présentes, je reconnu mes amies. J'appelai Alexandre pour qu'il ralentisse mais la musique était trop forte. Je tirai alors sa main qui serra la mienne et il me fit face. Le voir aussi prêt de moi, me donna envie de l'embrasser mais je me retins
_ Tu peux attendre ici, deux minutes si te plait ?
_ Bien sur mais pourquoi ?
_ Je n'ai pas encore salué mes amies. Je reviens
_ Très bien, je t'attends devant la porte
Je le regardai s'éloigner vers la sortie et je me dirigeai rapidement vers mes amies. Habituellement je ne fais pas la bise car c'est trop long mais à ce moment je trouvai cela encore plus long que tous les jours. Je ne restai pas longtemps car elles étaient toutes occupées avec leurs amis. Ce qui pour une fois, m'arrangea. Je voulais le retrouver. J'eus envie de courir pour le rejoindre mais me rappelant l'endroit où je me situai je me retins. Arrivée devant la porte, je la poussa et sortie. Je ne le trouvai pas de suite, d'ailleurs c'est lui qui vint me chercher.
_ Elisée ? Tu comptais partir sans venir me voir ?
Sa voix me figea sur place et pour la deuxième fois de la soirée, rien n'existait autour de nous deux. Je me retournai et lui fit face.
_ Non non, je te chercher. D'ailleurs je pourrai te retourner la question !
J'arrivai tant bien que mal à être moins béate devant lui. Il n'était pas magnifique mais il me plaisait terriblement. Il se mit à rire
_ Je t'attendais comme promis ! On va marcher ?
_ Volontiers
Il me prit la main et m'entraina dans sa direction. Nous fîmes le tour du jardin et nous trouvâmes un chemin en terre que nous primes. Nous écoutions le vacarme qui régnait toujours dans la salle. Il brisa le silence le premier.
_Quel âge as-tu ?
_Quinze ans et toi ?
Il s'arrêta, et je fus obligé de m'arrêter aussi. Sa main tenait toujours la mienne, et ce n'était pas désagréable.
_Oh ! Le même âge que toi ! Rigola-t-il
Je lui souris et posa la prochaine question
_Je ne t'ai jamais vu ici. Je me trompe ?
_ Je suis le cousin de Bastien.
_Ah ! Tu es en vacances ici ?
_Euh en vacances prolongée, il sourit. Mes parents ont voulu déménagé de Montréal pour trouve un peu de chaleur ici.
_Pour cela, ils ne se sont pas trompés. Pourtant tu n'as pas beaucoup l'accent québécois ? Riais-je. Je me sentais enfin bien et à l'aise avec lui.
_Cela fait maintenant trois mois que je côtoie cette petite ville du Sud de la France et de plus je suis né en France. Je n'ai donc rien perdu.
_Et à la rentrée intègre-tu le lycée de Bédarieux ?
_Oui tout à fait ! On se verra surement.
_Tu ne sera pas trop dépaysée, ils veulent faire du lycée de Bédarieux, un lycée style américain. C'est une idée qui ne me déplait pas.
Il sourit. Nous nous remîmes à marcher et cette fois ci, ce fut lui qui brisa le silence
_Et sinon parle moi un peu de toi !
_Euh...Tu veux savoir quoi en particulier ? Demandai-je, soudain gênée.
_Commençons par ta famille peut-être ?
Je lui fis une brève présentation des quatre autres membres des Stewart. La sélection de mon frère retint son attention cependant et je fus fière de pouvoir expliquer un événement sportif à un garçon
_Mmh complexe tout cela ! Ria-t-il, l'air faussement perplexe
_J'arrive à suivre pour ma part ! Et puis on n'a pas toute la chance d'être la s½ur du prochain meilleur joueur de France
_Très bien Miss Rugby à part ton frère tu aimes quoi dans la vie ?
_Héhé ! Ne saute pas les étapes ! Et toi ? Ta famille ?
_ Ah je pense que ça ne t'intéresserai pas ! Aucun joueur potentiel ! Rigola-t-il
Mon rire se mêla au sien. Je le regardais rire, ces dents étaient parfaitement alignées. Je le trouvais toujours aussi beau
_On s'assoie ici ?
Je n'avais pas vu qu'il s'était arrêté de rire.
_Bien sur je commençais à fatiguer. Allez à toi !
_Très bien je me lance. J'ai une petite s½ur qui a l'âge de ton frère. Je crois ? 15 ans ?
_Exact, souriais-je. Continue
_Ensuite, une mère assez egocentrique et un père qui travaille 24/24h. Je n'ai pas grand-chose à raconter.
Une longue minute passa. Pendant celle-ci Alexandre me fixait comme s'il essayait de lire en moi, je ne permis qu'à deux reprises de le regarder mais son regard m'effrayait un peu maintenant. Contre toute attente, lors de ma troisième tentative de regard, il sourit. Mon c½ur accéléra sa cadence. Puis il s'approcha plus prés de moi et sa main ramena une de mes mèches derrière mon oreille. Je tressaillis. Il se releva sans dire un mot et m'aida à faire de même. Nous continuâmes à marcher sans dire un mot. Je fis semblant de m'intéresser à la nature, tout en l'espionnant du coin de l'½il. Il avait l'air inquiet ou plutôt préoccupé. Je voulu alors savoir ce qu'il le rendait nerveux.
_ Qu'est ce qui se passe ? Demandai-je. Ma voix n'eut pas l'intonation que je voulus.
_ A rien pourquoi dis tu cela ? répondit-il comme sorti de ses pensées
_ Tu me parais nerveux. Mais j'ai peut-être tort.
_ Tu as tort, sourit-il.
Nous arrivâmes alors à un embranchement. Bastien possédait tout le bois alentours.
_A gauche ou à droite ? demanda-t-il soudain
_ Je ne sais pas, je ne connais pas cet endroit ! Répondais-je timidement
_ Très bien dans ce cas là, je vais te montrer quelque chose si tu veux bien sur !
_ Cela dépend, répondis-je tout à coup enjouée
Il parut surpris de ma réponse car il devait s'attendre surement à une réponse positive et sans hésitation.
_ Dépend de quoi ?
_ De ce que tu va me montrer, lui expliquai-je en souriant
_ Très bien, il fit un sourire, qui accéléra la cadence de mon petit c½ur.
Puis il s'approcha plus prés de moi.
_ Tu t'en sens capable ?
_ Oui, bredouillai-je rapidement pour pouvoir contempler son visage si prés du mien.
Je me refusai de nouveau une impulsion. Il recula doucement son visage du mien mais continua à me fixer. Puis il se mit à rire
_ Tu as répondu oui sans savoir où on aller ! Se moqua-t-il
Je me senti tout à coup très bête. Avait-il remarqué que je le fixai béatement ? A présent je ne me sentais plus bien du tout en sa compagnie, je me sentais gênée, il ne fallait pas qui le sache.
_ Je suppose que nous allons quelque part où il faut marcher assez longtemps, répondis-je avec une voix qui se voulait imposante mais qui fut à peine audible.
_ Bien répondu mais non...Tu verras arrivé là-bas, il s'arrêta repris lentement, c'était notre endroit préféré avec Bastien dit-il d'une voix triste.
Tout à coup, le visage moqueur d'Alexandre disparut pour laisser place à un visage triste avec des yeux remplis de larmes. Je m'approchai alors doucement de lui. A ce moment là, il releva la tête et me regarda. Puis il me fit un beau sourire qui dévoilait ses dents magnifiquement blanches et bien alignées. Il était vraiment beau. Je ne pus que lui sourire à mon tour. Il s'avança vers moi et posa sa main sur ma taille. Son autre main vint à la rencontre de ma mèche de cheveux et la remit –comme plus tôt- derrière mon oreille. Mon c½ur vacilla. J'entendais le battement de mon c½ur, il battait fort, très fort. Il y avait de quoi aussi .Puis il leva mon menton à l'aide de son index et me regarda tendrement.
_ Je ne vais pas me mettre à pleurer maintenant. dit-il
_ Si cela te fais du bien, pleure. J'essayai de donner à ma voix un peu d'assurance mais mon c½ur battait trop fort pour que je ne m'essaie à quoi que ce soit.
_ Pour gâcher une aussi bonne soirée, tout est si parfait. De la bonne musique et une agréable compagnie. Tu veux vraiment gâcher tout cela ?
_ Non peut-être pas en effet dis-je avec un air troublé que je ne voulais pas. Mais son corps, son visage si prés du mien m'empêchaient d'être claire à présent.
Il me regarda tout en souriant. Sa main, qui tenait mon visage, reprit sa place initiale cependant sa main, qui soutenait ma taille, glissa doucement le long de mon dos pour rejoindre enfin ma main droite. Nos doigts s'enlacèrent. Un léger frisson parcouru mon échine et mon c½ur battit de plus belle. Il approcha son visage près de mon oreille et me chuchota
_ Tu ne verras pas cet endroit aujourd'hui, tu es bien trop maline.